sábado, 9 de abril de 2011

L’AIDE AU P O R T U G A L





Le Portugal se résout finalement à demander de l'aide financière

Après des mois de résistance, le gouvernement socialiste portugais, démissionnaire depuis le 23 mars, s'est finalement résolu mercredi à adresser une demande d'aide financière à la Commission européenne, invoquant l'"aggravation dramatique" de la situation financière du pays.

Les ministres des Finances européens se retrouvent vendredi et samedi à Budapest pour une réunion qui devrait être centrée sur le sauvetage du Portugal.
"Le gouvernement a décidé aujourd'hui même d'adresser une demande d'assistance financière à la Commission européenne afin de garantir les conditions de financement de notre pays, de notre système financier et notre économie", a annoncé le Premier ministre José Socrates, dans une allocution télévisée.
Cette demande d'aide a été aussitôt confirmée par le président de la Commission, José Manuel Barroso, dans un communiqué.
Elle pourrait s'élever à environ 75 milliards d'euros, selon l'estimation faite fin mars par le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker
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Après avoir résisté pendant des mois aux pressions des marchés mais aussi de ses partenaires européens, José Socrates a justifié cette demande par le rejet au Parlement de son nouveau programme d'austérité qui avait entraîné sa démission et, a-t-il dit, "aggravé de façon dramatique la situation financière du pays".
M. Socrates a notamment rappelé les récentes dégradations de la note souveraine du Portugal par les principales agences financières et le renchérissement du coût des emprunts d'Etat, illustré mercredi par les taux records exigés par les investisseurs lors de la dernière émission de dette portugaise, de plus d'1 milliard d'euros.
"Je suis fermement convaincu que cela va encore s'aggraver si rien n'est fait", a ajouté M. Socrates.
"Comme vous le savez j'ai lutté toute l'année passée pour que cela n'arrive pas", a rappelé le Premier ministre démissionnaire. "J'ai toujours envisagé une demande d'aide extérieure comme une solution de dernier recours. Mais ne pas prendre cette décision comporterait des risques que le pays ne peut pas courir", a-t-il ajouté, alors que le Portugal doit rembourser d'ici la mi-juin plus de 9 milliards d'euros de dette.
Avant lui, le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos avait reconnu la nécessité de "recourir aux mécanismes de financement disponibles dans le cadre européen" tout en soulignant que "cela exigera la participation et l'engagement des principales forces et institutions politiques".
Mercredi soir, le président de la Commission européenne a assuré que la demande portugaise "serait examinée le plus rapidement possible", les ministres des Finances de l'Union européenne se retrouvant vendredi à Budapest pour une réunion informelle de deux jours.
"Nous avons des instruments en place qui sont opérationnels, à savoir le MESF (Mécanisme européen de stabilisation financière) et le FESF (Facilité européenne de stabilité financière), pour lesquels les conditions d'accès sont claires et connues", avait auparavant rappelé le porte-parole de la Commission pour les Affaires économiques, Amadeu Altafaj.
Il avait toutefois insisté sur les "conditions" attachées à ces dispositifs mis en place au printemps 2010, à la suite de la crise grecque, et notamment la nécessité d'un "programme d'ajustement économique".
Le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé mercredi soir qu'il se tenait "prêt" à venir en aide au Portugal, comme il l'avait déjà fait pour l'Irlande.
Après la démission du gouvernement de M. Socrates, le Parlement portugais a été dissous et des élections législatives anticipées convoquées pour le 5 juin.
Le chef du principal parti d'opposition de centre-droit, le Parti social-démocrate (PSD), a toutefois annoncé mercredi soir qu'il soutenait la demande d'aide financière, se disant prêt à "faciliter" les négociations que devra mener le gouvernement démissionnaire.
"Le PSD fera tout pour soutenir cette demande au plan extérieur, mais aussi pour faciliter les négociations que le gouvernement devra nécessairement conduire", a assuré M. Pedro Passos Coelho, donné favori par les sondages pour succéder à M. Socrates.
Soumis à une pression insoutenable des marchés, le gouvernement socialiste portugais, démissionnaire, a finalement dû céder et s'apprête à négocier avec Bruxelles, fort du soutien de l'opposition de droite, un plan d'aide financière dont les contours restent à définir.

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Après la Grèce et l'Irlande l'an dernier, le Portugal devient ainsi le troisième pays de la zone euro victime de la crise de la dette, laissant l'Espagne désormais en première ligne.
Mercredi soir, José Socrates, le visage fermé, a annoncé à ses compatriotes qu'il avait finalement adressé à la Commission européenne une demande d'aide financière, invoquant l'"aggravation dramatique" de la situation en raison des taux d'intérêt désormais trop élevés pour pouvoir emprunter sur les marchés.
Après avoir pendant des mois exclu toute aide, pourtant jugée inévitable par beaucoup, le Premier ministre socialiste a "capitulé", selon l'expression reprise jeudi par plusieurs journaux portugais.
La requête, déjà communiquée au président de la Commission européenne José Manuel Barroso, sera formalisée dans la journée, a précisé jeudi le porte-parole du gouvernement portugais, Pedro Silva Pereira.

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Elle devrait être largement discutée vendredi et samedi à Budapest au cours d'une réunion informelle des ministres européens des Finances, soucieux de mettre rapidement un terme à l'effet domino.
"Tous les instruments disponibles" pour les pays de la zone euro sont "opérationnels", a réaffirmé jeudi un porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj. Mais l'aide sera "assortie de conditions", a-t-il rappelé.
La Commission va négocier un programme d'"ajustement économique" avec les autorités portugaises, a noté le porte-parole, saluant au passage "l'appui formel" de l'opposition de centre-droit à la demande d'aide présentée par le gouvernement démissionnaire.
Le Parti social-démocrate (PSD), qui avait provoqué le 23 mars la chute du gouvernement en rejetant un quatrième plan d'austérité en un an, s'est déjà dit prêt à "faciliter" la négociation d'un "cadre minimum d'aide", renvoyant les discussions sur un programme plus ample à après les législatives anticipées du 5 juin et l'entrée dans ses fonctions d'un nouveau gouvernement.
"La situation politique portugaise est connue des institutions européennes" et "limite inévitablement la possibilité du gouvernement d'assumer des engagements qui lient le pays sur une durée normale dans ce type d'assistance financière", a convenu jeudi le porte-parole du gouvernement.
Comme M. Socrates la veille, M. Silva Pereira a insisté sur le fait que la demande portugaise était "adressée à la Commission européenne", semblant écarter un recours immédiat au Fonds monétaire international (FMI), jusqu'ici associé aux instruments européens de stabilisation financière.
Alors que le montant de l'aide nécessaire avait été évalué fin mars à autour de 75 milliards d'euros par le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, jeudi, le Diario Economico estimait qu'elle pourrait s'élever à "90 milliards, soit plus de la moitié du PIB".
Jeudi, tant Bruxelles que Lisbonne se sont refusés à avancer des montants. "Les besoins devront être analysés sur le terrain et au jour d'aujourd'hui il n'y a pas de chiffres sur cette assistance financière", a déclaré le porte-parole européen. Toutefois, a-t-il assuré, l'aide sera versée "dans les meilleurs délais".
Pour Lisbonne, le temps presse. D'ici à la mi-juin, l'Etat portugais doit rembourser plus de neuf milliards d'euros de dette, et plusieurs entreprises publiques ont déjà fait savoir qu'elles ne pourraient plus verser les salaires à partir de juin.
La demande d'aide a d'ailleurs été accueillie avec soulagement par les milieux économiques portugais et notamment les principales banques, qui redoutaient d'être entraînées par les difficultés de l'Etat.
Selon un sondage publié jeudi, les Portugais sont très partagés, 39% y étant favorables, autant jugeant qu'elle aurait dû être évitée.

Portugal : vers un plan d'aide de 80 milliards d'euros
Les ministres européens des Finances ont annoncé vendredi que le plan d'aide destiné au Portugal devrait avoisiner les 80 milliards d'euros et serait lié à des mesures d'austérité "ambitieuses", qui devront être adoptées d'ici à la mi-mai.

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"Pour le moment, sur la base d'estimations très, très préliminaires, nous pouvons dire que le programme sera probablement" d'un montant "d'environ 80 milliards d'euros", a indiqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, au cours d'une réunion des ministres des Finances européens à Gödöllö, à une trentaine de kilomètres de Budapest.
Il s'agira d'"un programme multi-annuel, le plus probablement sur trois ans", a-t-il précisé.
Le commissaire a ajouté que le plan devrait contenir des mesures spécifiques pour les banques portugaises.
"Je suis certain qu'il y aura une allocation spécifique pour la stabilité financière", notamment pour "maintenir la liquidité et la solvabilité du secteur financier, du secteur bancaire", a-t-il dit.
En échange de l'aide financière, les ministres des Finances ont souligné que Lisbonne devrait s'engager à des mesures "strictes" pour assainir ses finances publiques et réformer son économie.
Son programme "devra comprendre à la fois des ajustements budgétaires ambitieux" et "des réformes structurelles", les deux étant "essentiels", a souligné le président de la Banque centrale européenne (BCE), le Français Jean-Claude Trichet.
M. Rehn a précisé que ces efforts "devraient inclure un ambitieux programme de privatisations, qui aidera à alléger le fardeau de la dette".
Le programme de mesures budgétaires devra être négocié par la Commission, la BCE et le FMI avec les autorités portugaises, "en impliquant les principaux partis politiques", indiquent par ailleurs les ministres dans une déclaration.
L'objectif est d'atteindre "un accord avec tous les partis" portugais, afin que le programme puisse être "mis en place rapidement après la formation d'un nouveau gouvernement", ajoutent-ils.
M. Rehn a expliqué qu'il était "essentiel d'atteindre un accord impliquant tous les partis" vu "le contexte d'une situation politique difficile au Portugal".
Le pays est plongé dans une grave crise politique depuis la démission le 23 mars du Premier ministre José Socrates. Des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 5 juin.
La demande d'aide de Lisbonne, déposée officiellement jeudi soir, était jugée inéluctable : la pression des marchés financiers s'est accrue ces derniers jours, les principales agences de notation dégradant leurs notes du pays et les investisseurs exigeant des taux historiquement élevés pour lui prêter de l'argent.
Le Portugal est le troisième pays de la zone euro à bénéficier d'une aide européenne en un an, après la Grèce, qui avait obtenu un plan de soutien de 110 milliards d'euros de l'UE et du FMI au printemps 2010, et l'Irlande, qui a négocié à l'automne un programme de 85 milliards d'euros.
Les ministres des Finances espèrent mettre fin à l'effet domino dans la zone euro, et notamment éviter d'avoir à secourir l'Espagne, qui a des liens étroits avec l'économie portugaise et est considérée par les marchés comme un prochain candidat potentiel à une aide.
La ministre des Finances espagnole, Elena Salgado, a affirmé que le Portugal était "bien sûr" le dernier pays à avoir besoin de fonds extérieurs. En ce qui concerne l'Espagne, un tel recours est "complètement hors de question", a-t-elle indiqué.
L'économie espagnole est devenue un "mur indestructible" grâce aux réformes du gouvernement et donne des garanties à la zone euro, a, quant à lui, assuré le numéro deux du gouvernement espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba.
Olli Rehn a d'ailleurs salué les efforts de l'Espagne, se disant "certain" qu'elle n'aurait pas besoin d'aide.

(Enviado por um Amigo)



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